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Estran c'est un peu bizarre comme mot,
Comme beaucoup de mots qui ont trait à la mer et à la navigation.
Marcher sur l'estran ça fait chic, c'est un peu comme marcher sur la lune,
Est-ce un endroit privé, réservé à une catégorie de personnes privilégiées ?
Est-ce un lieu pour VIP (Very Important Person) ou un endroit pour tous ?
Voyons la définition donnée par Jean-François Deniau dans son ouvrage "Dictionnaire amoureux de la mer" (1)
Estran
Espace de la côte entre la laisse de basse mer et celle de haute mer. M. Gruss précise qu'il s'agit d'une forme dialectale propre aux riverains de la Manche. Soit. Je l'aime.
La mer vit, et la côte vit. A marée basse, les enfants courent sur le sable humide, pêchent la crevette dans les trous des rochers, poursuivent pelle à la main les coquillages plus rapides qu'eux. De grands pieux verts de mousse et d'algues retiennent des mulets et des poulpes. On peut retrourner des pierres pour faire détaler les crabes. A marée haute, les châteaux forts si fièrement construits sont rongés vague après vague. Une mer sans marée, donc sans estran, manquera toujours d'âme. Il n'y a pas d'être vivant sans respiration.
Vous l'avez deviné, je rentre d'un séjour en Bretagne !
Jack
(1) Dictionnaire amoureux de la mer - Plon - page 224
Publié par cartier à 08:27:13 dans Ecritures | Commentaires (0) | Permaliens
Une amie proche m'a demandé récemment :
"Mais pourquoi lire un livre comme "Ravensbrück" ?"
Je n'ai pas, sur le moment, pu et su expliquer mes raisons. Cela m'a interrogé ensuite et j'ai réfléchi à mes motivations.
Cette période de l'Histoire m'a toujours questionné. Comment peut-on en arriver là, comment peut-on faire souffrir et supprimer des millions de personnes de façon organisée ?
Germaine Tillion elle-même a cédé un temps à la tentation de formuler des différences, des mises à part : "ils" ont fait ceci, "nous" ne le ferions pas ...
Elle finit par dire : "Aujourd'hui, je n'en pense plus un mot, et je suis convaincue au contraire qu'il n'existe pas un peuple qui soit à l'abri d'un désastre moral collectif". (page 112)
Alors je comprends mieux maintenant ma motivation : lire ce type d'ouvrage, c'est se souvenir, c'est agir au quotidien pour ne pas se retrouver un jour devant l'irrémédiable ...
Jack
Publié par cartier à 07:38:15 dans Réflexions | Commentaires (0) | Permaliens
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